Le principe de l’imprimante 3 D serait-il né en France et au cours d’un repas dans l’esprit passionné d’un jeune ingénieur électrochimiste ?
Il y a une trentaine d’années, Alain le Méhauté alors jeune ingénieur électrochimiste de la Compagnie générale d’électricité (la CGE qui deviendra Alcatel) est en déplacement sur le site de Marcoussis (Département de l’Essonne). Il participe à la mise au point des nouvelles batteries à lithium. Passionné de géométrie fractale, il passe son temps libre à vérifier des thèses et à envisager des hypothèses novatrices. Lors d’un repas avec ses collègues, il a une vive discussion sur une hypothèse scientifique à laquelle il est le seul à croire.
Une seule possibilité s’offre alors à lui pour démontrer que les propriétés locales d’une forme sont équivalentes à ses propriétés globales : réaliser cette pièce et la présenter à ses contradicteurs. Il lui faut donc créer une pièce usinée ou un moule, mais en 1983 et avec la technologie disponible, il ne peut pas l’envisager. Une idée lui vient alors à l’esprit : « Il faudrait créer une imprimante 3D ! » Il détaille le mécanisme de base d’une telle machine à une époque où les imprimantes classiques pour imprimer de simples documents étaient encore un luxe.
Étonnante coïncidence, Olivier de Witte, son voisin de table, est employé chez Cilas, une entreprise qui travaille sur les lasers. Ils se retrouvent tous deux dans les locaux de cette filiale de la CGE et ils élaborent un mécanisme pour que deux lasers se croisent afin de transformer un liquide (monomère) en objet solide. Les premiers essais ne sont pas très concluants et nos deux compères retourneront bien vite à leurs occupations. Mais sans le savoir, ils venaient bien de définir le principe de fonctionnement de l’imprimante 3D.
via capital.fr